D’entrée de jeu, il me semble primordial de préciser que les conseils d’un professionnel de santé sont incontournables en la matière. Vous constaterez néanmoins que les avis divergent beaucoup d’un aromathérapeute à l’autre. Certains déconseillent l’utilisation des huiles essentielles sur les enfants de moins de 3, voire 6, voire 10 ans. Certains prolongent même cette prudence à l’après puberté.
En clair : 1) les HE peuvent se révéler dangereuses chez nos chères têtes blondes 2) les conseils d’un professionnel de santé sont INDISPENSABLES en la matière 3)On ne fait pas n’importe quoi avec les HE, encore moins chez des êtres en pleine construction !!
Il faut rappeler que la qualité de vos HE doit être irréprochable en toute occasion, il en va de votre santé, et ce, d’autant plus si vous décidez de les utiliser chez vos enfants. LE gage de qualité réside dans une étiquette complète et lisible (nom de la plante en français et en latin, espèce, variété, provenance géographique, partie de la plante utilisée...) avec une garantie supplémentaire pour les huiles essentielles issues de l’agriculture biologique. Elles sont facilement reconnaissables au symbole ci-contre :
Si l’on décide d’employer malgré tout des traitements à base d’huiles essentielles et végétales chez les enfants, il faut savoir que les variétés d’huiles essentielles et les quantités que l’on peut utiliser chez un enfant varient en fonction de
l’âge de ce dernier. Voici ce que propose Nerys Purchon :
Moins de 2 à 3 mois : camomille et lavande (jamais avant 2j)
de 3 à 12 mois : + pamplemousse et tea tree
de 1 à 5 ans : + citron, géranium, menthe verte (sachant que la plupart des aromathérapeutes s’accordent à la proscrire chez les enfants à cause du risque de spasme pharingé), palmarosa et rose
de 5 ans à la puberté : toutes les huiles considérées comme sans danger pour l’adulte mais à dose réduite.
En règle général, chez l’enfant, on évite l’utilisation d’huiles essentielles à cétones (neurotoxiques). On oubliera donc (le type de cétone figurant entre parenthèses) :
Abies alba - Sapin blanc / argenté (acétone)
Achillea ligustica - Achillée de Ligurie (thujone)
Agathosma betulina - Buchu / Bucco (diosphénone)
Anethum graveolens - Aneth (carvone)
Artemisia pallens - Davana(davanone)
Carum carvi - Carvi (carvone)
Cedrus atlantica - Cèdre de l’Atlas (atlantone)
Cedrus deodara - Cèdre d’Himalaya (atlantone)
Eremophila mitchellii (erémophilone)
Eucalyptus camaldulensis - Gommier rouge (cyptone)
Eucalyptus dives - Eucalyptus mentholé (pipéritone)
Eucalyptus polybractea cryptone - Eucalyptus à cryptone (cyptone)
Hélichrysum italicum - Hélichryse italienne / Immortelle (beta dione)
Hyssopus officinalis ssp officinale - Hysope officinale (pinocamphone)
Lantana camara - Lantana (davanone)
Lavendula latifolia - lavande aspic (bornéone= camphre)
Lavendula Stoechas - Lavande papillon / à toupet (fenchone)
Mentha arvensis - Menthe des champs (pipéritone) - attention, risque de spasme pharyngé chez le petit enfant
Mentha pulegium - Menthe pouliot (pulégone)
Mentha spicata - Menthe verte/douce (carvone)
Mentha x. piperita - Menthe poivrée (menthone) Attention, risque de spasme pharyngé chez le petit enfant
Myrica gale - Bois-sent-bon / Piment royal / Myrique / Myrte des mairais (germacrone)
Rosmarinus officinale camphora - Romarin à camphre (bornéone= camphre)
Rosmarinus offcinale verbenone - Romarin à verbénone (verbénone)
Ruta graveolens - Rue Officinale (méthyl heptil cétone)
Salvia officinalis - Sauge officinale (thujone)
Santolina chamaecyparissus - Santoline / Petit cyprès (artemisia cétone)
Tagetes glandulifera - Tagète glanduleuse (tagétone)
Thuya occidentalis -Thuya d’Occident / du Canada / Cèdre blanc (thujone)
Parce que le corps de l’enfant est en pleine construction d’un point de vue hormonal et sexuel jusqu’à la puberté incluse, certains préconisent d’éviter absolument les plantes possédant une action de type hormonale, qui pourrait venir perturber le bon développement d’un système en pleine évolution. Il s’agit des plantes à phyto-oestrogènes :
Carum carvi- Carvi
Cuminum cyminum - Cumin
Cupressus sempervirens - Cyprès toujours vert
Fœniculum vulgare - Fenouil doux
Humulus lupulus - Houblon
Illicium verum - Anis étoilé / Badiane
Melaleuca quinquinervia viridiflorale - Niaouli
Pimpinella anisatum - Anis vert
Pinus sylvestris - Pin sylvestre
Salvia officinalis - Sauge officinale
Salvia sclarea - Sauge sclarée
et celles dont l’action se rapproche de la progestérone :
Lippia citriodora - Verveine odorante / citronnée
Melissa officinalis - Mélisse
Origanum majorana - Marjolaine à coquilles / des jardins
Rosmarinus officinalis - Romarin
Thymus serpyllum - Serpolet
Thymus - Thym
Mais également les huiles végétales d’onagre et de bourrache...
De même, certaines de ces phyto-hormones sont assimilables aux hormones mâles :
Myrocarpus fastigiatus - Cabreuva
Sutureja montana - Sarriette
Zingiber officinalis - Gingembre
D’autres huiles essentielles ont une action hormonale mais non sexuelle. On ne connaît pas encore très bien l’ampleur de leurs effets à l’heure actuelle. Elles sont donc à manier avec parcimonie :
Conyza / Erigeron canadensis - Vergerette du Canada et de Naudin (retard de croissance)
Cuminum cyminum - Cumin (calmant de la thyroïde)
Lippia citriodora - Verveine odorante / citronnée (thyroïde, pancréas)
Matricaria chamonilla - Camomille allemande / Matricaire
Melaleuca leucadendron cajuputii - Cajeput
Myrtus communis - Myrte commun (à cinéol) ...
Je mets à jour cet article, suite à une discussion que nous venons d’avoir sur le forum... Je me rends compte que j’ai oublié un élément de taille ! Vous devez tous vous souvenir de ce fantastique baume à l’odeur camphrée dont votre maman vous badigeonnait tendrement les soirs de rhumes... Et bien, pour les personnes qui ne le savent pas, il a été retiré du marché le 3 décembre 2004. La substance incriminée ? le camphre qui serait la source de convulsions chez le petit enfant ! Donc on oublie également le camphre et des dérivés terpéniques pour soigner le rhume du petit dernier !!
Donc une fois encore la prudence est de mise !
En ce qui concerne les applications cutanée, il faut garder à l’esprit que la peau d’un enfant est extrêmement fragile, ce qui implique que les huiles essentielles doivent IMPERATIVEMENT être diluées à un maximum de 20% dans une huile végétale la plus neutre possible (amande douce, noyaux d’abricots...).
Toutes les contre-indications et effets indésirables des huiles essentielles et végétales valables pour les adultes sont aussi applicables aux enfants, et ce dans une plus grande mesure encore... On n’applique surtout pas une huile dermocaustique sur la peau d’un enfant sous peine de brûlure, on transpose les posologies adultes à des doses enfants sous peine de toxicité, on proscrit absolument certaines huiles telles que la menthe qui pourraient provoquer une spasme pharyngé, on évite les cétones qui sont neurotoxiques... je ne vais pas ré-écrire l’histoire, je pense que vous aurez compris ;-)
J’ai bien conscience que ces listes semblent ne plus en finir... Le but n’est pas d’effrayer mais de faire prendre conscience que l’aromathérapie est quelque chose de complexe et parfois dangereux. Il y a un phénomène de mode "aromathérapie", mais les huiles essentielles sont autre chose qu’une bonne odeur associée à une lessive X ou un assouplissant Y. Les HE, pures, sont constituées de principes actifs puissants non dilués. Ceci implique que les dégâts peuvent être considérables si elles ne sont pas convenablement utilisées. Vous ne prendriez pas n’importe quel médicament à n’importe quelle dose ??? Et bien, on ne joue pas aux apprentis sorciers avec les huiles essentielles non plus, et ce, encore moins lorsque le développement et même la vie d’un enfant sont en jeu !
Donc, encore toujours : ENTOUREZ VOUS DES CONSEILS D’UN PROFESSIONNEL ! Effectivement, les aromathérapeutes ne courent pas forcément les rues, mais c’est aussi le rôle de votre pharmacien. Il saura vous guider.
Il existe aussi des livres traitant de l’aromathérapie chez les enfants. L’un des plus complets à mon goût est celui de Dominique Baudoux (mais si vous avez des suggestions à ce sujet, n’hésitez pas à m’en faire part).
Une dernière chose : on lit énormément de choses sur le web... des bonnes et des moins bonnes. Quand il s’agit d’un sujet aussi important, il appartient de vérifier toute information auprès d’une source digne de ce nom ! Même si la source se prétend "sérieuse", il vous appartient de vérifier les compétences des personnes, la qualité des ouvrages et de faire les recherches qui s’imposent, y compris sur ce site, cela va de soi ! ;-)
Un article similaire concernant les précautions d’emploi des huiles essentielles chez la femme enceinte ou allaitante se trouve ICI
Je rappelle que ces listes ne se veulent pas exhaustives, mais visent à donner un aperçu des précautions nécessaires au maniement des huiles essentielles chez l’enfant... D’où la nécessité de prendre conseil auprès des VRAIS spécialistes.

